De la performance financière à l’impact économique

La CDG est une institution au service de l’économie nationale dont la performance ne peut s’apprécier uniquement à travers ses indicateurs financiers. Son impact économique demeure néanmoins complexe à appréhender en raison de ses multiples retombées positives qui agissent de manière diffuse et à long terme. La quantification de cet impact représente ainsi un enjeu essentiel pour apprécier la performance de la CDG dans la globalité de ses missions.
Dans ce contexte, la CDG a initié une étude visant à estimer l’impact économique de ses principaux projets. L’objectif de cette évaluation est de quantifier les effets à long terme, à l’horizon 2030, des projets soutenus par la CDG en se focalisant sur deux dimensions que sont l’investissement et l’emploi. Ces indicateurs n’ont pas vocation à être exhaustifs, mais permettent toutefois de dimensionner de manière synthétique les impacts potentiels des projets en cours de réalisation.

Méthodologie et glossaire

Une méthodologie rigoureuse, fondée sur des hypothèses réalistes

L’étude s’est appuyée sur une méthodologie rigoureuse pour évaluer l’impact potentiel des projets de la CDG sur l’investissement et l’emploi. Cette approche a permis de mesurer l’emploi direct, indirect et induit, aussi bien en phase de construction qu’en phase d’exploitation. L’estimation de ce potentiel d’emplois a été obtenue en appliquant des ratios et des multiplicateurs adaptés au contexte marocain et fiabilisés sur la base d’observations réelles. Ces ratios ont été systématiquement choisis de manière conservatrice pour garantir des estimations prudentes. L’étude a également pris en compte les « effets de déplacement d’emplois » induits par les projets pour chiffrer de manière réaliste les « emplois additionnels » véritablement attribuables aux projets appuyés par la CDG.

Glossaire

  • Emploi permanent : emploi stable créé durant la phase d’exploitation du projet.
  • Emploi temporaire : emploi créé durant la phase de construction du projet.
  • Emploi direct : emploi créé sur le site du projet par l’ensemble des acteurs y opérant.
  • Emploi indirect : emploi créé par les prestataires et fournisseurs des entreprises opérant sur le site du projet.
  • Emploi induit : emploi généré grâce aux dépenses de consommation des employés directs et indirects du projet.
  • Emploi additionnels : emploi permanent créé par le projet, qui n’aurait pas été créé ailleurs dans l’économie si le projet n’existait pas

Un programme d’investissement d’envergure macroéconomique

Le périmètre de l’évaluation a couvert un portefeuille de 50 projets actifs actuellement développés par la CDG, englobant une large part de son programme d’investissement.

Le nombre et l’envergure de ces projets témoignent de l’importance des interventions de la CDG dans l’économie marocaine. Les projets évalués se répartissent en 4 grandes catégories : 10 projets d’aménagement urbain, 14 projets de zones d’activités, 12 projets touristiques et 14 projets immobiliers. La taille moyenne de l’investissement par projet s’établit à 1,7 milliard de dirhams.

La plupart des projets figurant dans le périmètre d’évaluation sont appelés à être achevés à l’horizon 2020, bien que certains s’étalent jusqu’en 2030. Sur l’ensemble du cycle de vie de ces projets, la CDG devrait réaliser un investissement cumulé de l’ordre de 86 milliards de dirhams. Cet effort d’investissement serait démultiplié par un effet d’entraînement qui permettrait de drainer des investissements privés à hauteur de 149 milliards de dirhams.

En moyenne, chaque million de dirhams investi par la CDG pourrait catalyser 1,7 million de dirhams d’investissement induit. L’effet de levier serait particulièrement puissant dans les projets d’aménagement urbain et de développement de zones d’activités.

Au total, à l’horizon 2030, les projets de la CDG pourraient cumuler des flux d’investissements atteignant jusqu’à 235 milliards de dirhams (directs et induits).

Ce volume s’avère fortement significatif à l’échelle macroéconomique et représente, en ordre de grandeur, près de 4 % de la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) cumulée sur la période 2010-2030.

Acteurs de l'économie sociale & solidaire & du développement économique & social.  Concrétisation de projets structurants pour le développement économique & social.

Principaux impacts

Un potentiel de création d’emplois considérable

À l’horizon 2030, les projets actuellement développés par la CDG pourraient générer 640.000 emplois permanents. Ces postes se ventilent en 435.000 emplois directs et 205.000 emplois indirects et induits.

Parmi les 640.000 emplois potentiels, environ 390.000 postes peuvent être assimilés à des emplois déplacés, correspondant à des emplois qui existent ailleurs et qui sont transférés vers le site du projet.

Après prise en compte de ces « effets de déplacement », on estime que les projets de la CDG présentent un potentiel de création de 250.000 emplois additionnels à long terme. Le caractère « additionnel » de ces emplois implique qu’ils ne seraient pas créés sans la mise en oeuvre des projets soutenus par la CDG.

Les projets qui offrent le plus grand potentiel d’emplois additionnels sont les projets visant le développement de zones d’activités (156.000) et les projets d’aménagements urbains (78.000). En termes de répartition sectorielle, environ 60 % des emplois sont générés dans le secteur des services et 40 % dans le secteur de l’industrie.

Parallèlement aux créations d’emplois stables à long terme, les projets de la CDG sont également fortement générateurs d’emplois durant la phase de construction.
Ainsi, les travaux de réalisation des projets pourraient générer 930.000 emplois-an soit l’équivalent de 46.500 postes d’emplois permanents sur la période 2010-2030.
Au total, les projets de la CDG recèlent un potentiel de création d’emplois considérable à l’échelle nationale.

Les emplois additionnels générés pourraient représenter jusqu’à 10 % des créations nettes d’emplois urbains au Maroc sur la période 2010-2030. Cette proportion est encore plus forte dans l’industrie où elle pourrait atteindre jusqu’à 15 % des créations d’emplois dans le secteur.

Les projets de la CDG, un levier de réduction des disparités régionales

En ligne avec sa mission de développement territorial, la CDG conduit des projets qui contribuent activement à la réduction des disparités régionales. Le Groupe est fortement engagé dans les régions touchées par un chômage particulièrement élevé, dans le but de dynamiser l’économie locale et d’offrir des opportunités d’emplois à une échelle significative, notamment au profit des jeunes.

Cet impact peut être illustré par les exemples des régions du Gharb, de l’Oriental et de Taza, où le taux de chômage urbain s’établit autour de 17 %, contre une moyenne nationale de 13,5 %. Dans ces régions, les emplois additionnels générés par les projets de la CDG pourront représenter, en ordre de grandeur, entre 20 % et 50 % du nombre de chômeurs actuels. L’ampleur de cet impact est donc considérable, même en prenant en compte les « effets de fuite » qui détournent certains emplois additionnels au bénéfice d’autres régions.

Dans la région de l’Oriental, qui compte 90.000 chômeurs en milieu urbain, les projets structurants portés par le groupe, comme la technopole d’Oujda, la zone industrielle de Selouane et la station touristique de Saidia, pourraient générer plus de 30.000 emplois additionnels. Dans le Gharb, les projets initiés, principalement la zone industrielle Atlantic Free Zone, permettraient de générer 39.000 emplois additionnels à terme, dans une région comptabilisant 70.000 chômeurs en milieu urbain.

50

Projets actifs

235Mds

de dirhams d'investissements directs

250.000

Emplois

Un impact potentiel à concrétiser

Afin de concrétiser l’impact potentiel de son programme d’investissement sur l’emploi, la CDG continuera à oeuvrer pour garantir la réussite des projets lancés. Le chiffrage de l’impact présenté repose en effet sur l’hypothèse sous-jacente d’une réalisation complète des business plans.

Celle-ci est néanmoins conditionnée par certains paramètres exogènes et tributaires de l’environnement économique. La réalisation effective du potentiel suppose une évolution favorable des conditions du marché, une réponse de la demande en ligne avec la croissance de l’offre globale et le maintien de politiques volontaristes dans les secteurs concernés.

 

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